Depuis le 22 août 2009 et jusqu’au 21 septembre suivant, voici les dates du Ramadan 2009. L’occasion pour nous de soulever une question pharmaceutique récurrente, diversement traitée en fonction des pays du monde. Médicaments et Ramadan, est-ce compatible? Une question auquel le pharmacien d’officine se trouve régulièrement confronté, sans pour autant que la documentation disponible à ce sujet ne soit véritablement pléthorique.

La BBC par exemple y consacre un dossier complet sur son site internet. Le journal scientifique BMJ y a consacré une publication en 2007. En 1997, c’est la conférence Médico-religieuse de Casablanca a publié un dossier « Médicament et Ramadan ». Nous reprenons ci-dessous quelques éléments de ce document à titre informatif, dans la mesure ou certaines des informations qui y sont présentées peuvent constituer un bon point de départ pour une réflexion menée sur ce sujet. On peut notamment y trouver les voies d’administration compatibles avec le jeûne du Ramadan selon la majorité des participants à cette conférence :
- en vrac Gouttes ophtalmiques, Injections sous-cutanées, intramusculaires et intra articulaires, Injections intraveineuses à but curatif, Ovules gynécologiques et antiseptiques vaginaux, Crèmes, gels , pommades et patchs, Nitroglycérine par voie sublinguale dans le traitement de l’angor, Gargarisme et aérosol buccaux, dentifrice, bain de bouche à condition de ne pas avaler les produits utilisés, Gouttes et aérosols nasaux, Aérosols broncho-dilatateurs (anti-asthmatiques), Injections intra rectales, suppositoires, Dialyse péritonéales ou rein artificiel);
- et à l’inverse les voies d’administration que les participants ont jugé incompatibles avec cette période de Ramadan : Voie orale et Injection intraveineuses à but nutritif.
A noter également une liste non exhaustive de pathologies ne permettant pas le jeûne – là encore selon l’avis des conférenciers – , telles que
- le Diabète (Diabète insulino-traité, diabète non insulino-dépendant déséquilibré, diabète avec complications dégénératives, diabète et grossesse, diabète gestationnel, diabète et allaitement, diabète avéré du troisième âge, quelque soit son type, diabète instable.);
- l’Ulcère gastro-duodénal en évolution et/ou en traitement de consolidation;
- les maladies chroniques instables, ou non stabilisées par une thérapeutique;
- les maladies chroniques compliquées (Insuffisance respiratoire, insuffisance cardiaque, insuffisance hépatique, asthme, hypertension artérielle, épilepsie, dépression, psychose maniaco-dépressive, tuberculose, Sida, Adisson, Basedow, etc);
- autres maladies aigues (parmi lesquelles Méningite, endocardite, septicémie, toxi-infection, grippe, bronchite, angine, colique néphrétique, otite, glaucome aigue, etc.)
Et ce rapport de proposer quelques règles hygiéno-diététiques simples, pouvant constituer quelques conseils avisés :
- Boire de l’eau en quantité suffisante (1.5 à 2l/j);
- S’alimenter de manière équilibrée : Eviter les excès de gras et de glucides et ne pas oublier de consommer des crudités et des fruits;
- Espacer les prises alimentaires;
- Garder des horaires constants de sommeil avec une durée qui permet la récupération;
- Diminuer progressivement la consommation des excitants et du tabac durantla semaine qui précède le jeûne afin de réduire les conséquences d’un arrêt brutal (sevrage progressif).
Source: Médicament et Ramadan, résumé du consensus de la Conférence Médico – religieuse de Casablanca 14-17 juin 1997.


