
Comment remédier au manque d’attractivité et de compétitivité de l’industrie pharmaceutique en France? C’est l’une des questions principales sur laquelle s’est penché le Conseil stratégique des industries de santé, à l’occasion d’une 4ème réunion présidée par le Président de la République. 11 thématiques y ont été discutées, touchant aux grandes orientations de l’industrie pharmaceutique, mais ce sont 2 propositions qui ont fait la Une de la presse dès hier.
La création du fonds d’investissement dans les biotechnologies de la santé tout d’abord : journée faste pour le secteur des biotechs en France, puisque 139 millions d’euros devrait êter prochainement investis dans un secteur de l’industrie du médicament qui a le vent en poupe, mais au sein duquel la France manque d’entreprises véritablement incontournables.
L’autre décision qui fait du bruit dans le microcosme de l’industrie pharma, c’est la possibilité qui devrait être donnée aux fabricants de médicaments génériques de produire ces derniers sur le sol français tout en anticipant de quelques semaines la chute du brevet, afin de pouvoir investir le marché le jour J, à l’image de ce que font les génériqueurs qui produisent à l’étranger.
Pour être complet, vous trouverez ci-dessous l’ensemble des thématiques abordées au cours de ce Conseil, qui n’ont pas toutes débouché sur des décisions aussi médiatiques que les deux précédents…
- Fonds d’investissement dans le domaine des biotechnologies de la santé
- Politique de l’emploi et de la formation
- Dynamisation de la collecte du renseignement et répression des trafics de contrefaçons de médicaments
- Augmenter la recherche partenariale dans le domaine biomédical
- L’Alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé interlocuteur des industriels
- Développement de la bio-production
- Ouvrir le capital de la filiale biotechnologique du Laboratoire français du fractionnement et des biotechnologies
- Mécanisme incitatif destiné à l’activité de fabrication de spécialités pharmaceutiques
- Déclaration des ventes à l’exportation et territorialité des prix nationaux
- Développer l’épidémiologie en France
- Améliorer l’accès aux thérapeutiques
Et pour ceux que le fonds d’investissement dans les biotechnologies botte, vous pourrez lire le protocole signé juste en dessous. Avis aux amateurs!
Protocole d’accord relatif au fonds d’investissement dans les biotechnologies de la santé
Depuis le premier médicament commercialisé il y a vingt cinq ans, les biotechnologies s’imposent comme un moteur majeur de l’innovation thérapeutique. Avec des experts de renommée internationale et des entrepreneurs qui ont fait preuve de leur valeur, l’industrie des biotechnologies en France recèle un gisement important de création d’emplois et de retombées économiques. Le développement de cette industrie constitue une priorité politique nationale. Cette priorité s’illustre en termes d’impact économique, d’accélérateur d’innovations technologiques et bien entendu d’améliorations thérapeutiques et d’amélioration de la qualité de vie. C’est dans ce contexte que l’Etat, le Fonds Stratégique d’Investissement et les Laboratoires Pharmaceutiques souhaitent développer le savoir-faire français dans le domaine des biotechnologies, accroître le potentiel de sociétés sur son territoire et accélérer la mise sur le marché de leurs produits en mettant en place un fonds d’investissement ciblant des entreprises qui se développent sur le territoire français.
Doté de EUR 100 à 150 millions, le Fonds sera créé sous la forme d’un fonds commun de placement à risques (FCPR) géré par CDC Entreprises, agréée à cet effet par l’Autorité des Marchés Financiers. Le projet de Règlement du Fonds en date du 21 octobre 2009 précise les termes et conditions de fonctionnement du Fonds sur lesquels les signataires du présent Protocole ont donné leur accord de principe.
L’objectif principal du Fonds est d’investir directement en fonds propres et quasifonds propres au capital de sociétés fournissant des produits et services technologiques et innovants dans le domaine de la santé et avec la perspective de générer des plus-values. Le Fonds ciblera en priorité:
1. Les petites et moyennes entreprises (PME) développant des produits biologiques dans le domaine de la santé à un niveau de développement leur permettant d’envisager une collaboration avec une ou deux entreprises du secteur du médicament ;
2. Les PME plateformes de technologies, prestataires de services scientifiques ou technologiques (en particulier : imagerie, diagnostic, bio-production) qui améliorent notamment la productivité et l’efficacité de la recherche et développement menée par l’industrie pharmaceutique.
Et notamment :
3. Les PME participant à des programmes collaboratifs dans le cadre des pôles de compétitivité santé, et
4. Les spin off de l’industrie pharmaceutique. Le Fonds privilégiera également des approches thérapeutiques et technologiques innovantes compte tenu du potentiel existant en France (nanotechnologies, thérapie cellulaire, alternatives non chirurgicales…).Les engagements financiers pris par les Laboratoires Pharmaceutiques et le FSI dans le cadre du présent Protocole figurent en Annexe 1 et sont subordonnés à la signature des bulletins de souscription aux parts du Fonds.
Fait à Paris, le 26 octobre 2009


