Marcher sur la tête. Ou pas.

Pharmacien d’origine contrôlée

Les pharmacies de l’Ouest sous pression

Densité des pharmacies sur le sol français : 3 pour 100 km².

Dans un article sur les pharmacies de campagne qui tendent à voir leur nombre se réduire, Ouest France revient sur la fermeture de 55 officines en 5 ans dans la région Ouest, et sur les grandes tendances de la profession : les enjeux du maillage territorial, le vieillissement des pharmaciens, la perspective des nouvelles missions et rémunérations. Et ce qui constitue sans doute la patate chaude du moment : internet. A lire ici.

Fluidifier l’accès au dossier médical à l’hôpital grâce aux accès biométriques

Comment sécuriser l’accès au dossier médical du patient à l’hôpital, et en gérer finement les droits d’accès sans pour autant entraver le flux des professionnels de santé impliqués tout au long du parcours de soins ? Sans aborder ici l’épineuse question de l’harmonisation des formats (et le partage des informations avec non seulement les professionnels de santé hors de la structure hospitalière, mais aussi avec le patient), la société Imprivata présente dans cette vidéo (en anglais) une solution technique néanmoins intéressante, basée sur une gestion biométrique des accès.

En pratique, le professionnel s’identifie grâce à son empreinte digitale, et consulte les éléments du dossier auxquels il a accès. Dès qu’il sort du champ de la webcam, l’ordinateur se verrouille à nouveau ; si cette même personne repasse devant la webcam, le système se réactive automatiquement. Si ça en est une autre, il lui faudra alors présenter son empreinte digitale. Et ainsi de suite…

Kissofficine : de l’amour et des croix vertes

Les mots peuvent-ils soulager les maux ?

Ce qui pourrait être l’intitulé d’une épreuve de philosophie de baccalauréat dont les sujets auraient fuité sur internet est en fait le point de départ d’une démarche artistique conduite par Eric Poupy et Henrike Stahl. Un projet qui a abouti à l’utilisation de [Read more...]

Avec les médicaments génériques, y’a pas de hic : la websérie de Biogaran

Un samedi à louvoyer dans l’océan du web santé, et soudain un titre retenant notre attention : une websérie s’apprête à être diffusée sur le thème du générique par Biogaran à partir du 24 septembre prochain. Son titre ? « Avec les génériques, y’a pas de hic ».

Un choix de format – la websérie – qui nous rappelle celui fait plusieurs fois par le LEEM ; une sonorité – « génériques », « hic » – qui nous renvoie à celle des campagnes de l’assurance maladie à propos des génériques, qui comme tout un chacun le sait désormais, ne sont pas « automatiques ». Bref, notre curiosité à son paroxysme, nous tentons d’en savoir plus. Une recherche Google plus tard, nous trouvons 6 épisodes de cette websérie tout juste publiés sur la chaîne YouTube de Bioagaran. 6 séquences d’un peu plus d’une minute, modèles de didactisme et d’efficacité visuelle, qui passent en revue les grands thématiques que sont celles de la chute du brevet, l’usage d’excipients aux possibles effets notoires, la bioéquivalence, les contrôles et modalités de mise sur le marché, l’économie, le prix et le sacro-saint taux de pénétration.
Une vulgarisation grand public d’une problématique qui enflamme au même moment le comptoirs des officines, pharmaciens et assurance maladie entretenant des rapports plus que tendus sur la question. Nous aurons l’occasion d’en reparler. En attendant, voici donc ces 6 épisodes.

Episode 1

Episode 2

Episode 3

Episode 4

Episode 5

Episode 6

Rajeunir un vagin, blanchir un article. Ou l’inverse.

Le web santé recèle de contenus inattendus qui tour à tour font sourire, irritent, dérangent. Deux d’entre eux ont retenu notre attention ces derniers jours. De l’inattendu au consternant.

L’inattendu tout d’abord, il vient d’Inde et il faut sans doute aborder le sujet avec prudence tant il soulève, au-delà des sourires, de sérieuses questions touchant à la culture, la féminité, la sexualité. L’inattendu donc, c’est cette publicité indienne pour un gel au nom évocateur : 18 Again. Objectif ? « Raffermir, rajeunir, hydrater le vagin ». Liste non exhaustive, se référer au site internet officiel que vous trouverez sans effort avec une petite recherche bien sentie. Un site sur lequel vous apprendrez que cette crème miracle contient… de la poussière d’or, ni plus ni moins, encore fallait-il y penser. Ne vous reste qu’à jeter un oeil surmonté d’un sourcil relevé à la pub faite pour le produit sur un air dont les paroles rappellent vaguement un tube de Madonna : I feel like a virgin… Elle appréciera sans doute le clin d’oeil. Notez au passage qu’à la fin du clip, vous apercevrez rapidement le logo de la FDA en forme de jolie caution scientifique et réglementaire.

Une vidéo qui pourra vous rappeler celle qui avait défrayé la chronique il y a quelques mois, à propos cette fois d’un produit d’hygiène intime destiné « à blanchir le vagin » . Anatomiquement parlant, c’est déjà louche.

D’un effet de surprise à l’autre,  passons à la consternation. Il faut dire qu’en matière médicale, qui plus est en période estivale, ce moment où les rédactions se vident, on n’est malheureusement souvent pas à une approximation près. Plus ou moins grosse. Nous vous laissons juges de celle-ci : un article de Challenges.fr au titre accrocheur, « 23 médicaments que la Sécurité sociale ne remboursera plus« . Au paragraphe d’introduction encore plus  vendeur : « [...] Parmi elles, 3 médicaments Servier ». Et au contenu aussui succinct que son exactitude pharmaceutique : l’arrêté du 3 août 2012 auquel fait référence le journaliste, portant radiation de spécialités pharmaceutiques de la liste des spécialités remboursables  du code la sécurité sociale, a une toute autre explication que de nouveaux déremboursement arbitraires : ces 23 médicaments-là n’existant tout simplement plus sous la forme en question, ils sont donc simplement supprimés de la liste, et pour certains d’autres formes déjà existantes demeurent remboursées. Un regard simplement aiguisé comme une lame en bois remarquera également la jolie coquille glissée dans les 10 lignes de l’article : Pfizer serait donc un laboratoire suisse (sic). Publié le 10 août, cet article a fait l’objet de diverses demandes de rectifications, notamment de la part d’un certain Docteur Hyde via Twitter et les commentaires laissés sur le site de Challenge. Malgré cela, rien de nouveau sous les tropiques. Après tout, la santé est un sujet comme un autre.

 

NetCare : quand télémédecine, entretien pharmaceutique et collaboration médecins-pharmaciens font bon ménage, en Suisse

NetCare. Ce service mis en place depuis avril 2012 dans 200 pharmacies suisses nous était inconnu jusqu’à notre visite sur le site de la Société Suisse des Pharmaciens. Mélange de prise en charge pharmaceutique et de télémédecine, ce dispositif vaut le détour.

Basé sur la collaboration interdisciplinaire entre médecins et pharmaciens, netCare est donc un nouveau type de service proposé en pharmacie, se déroulant comme suit :

- Le patient vient à la pharmacie et sollicite un entretien pharmaceutique se déroulant dans une « salle de consultation » (ce qu’en France on désignerait probablement par « espace de confidentialité »). Le pharmacien y mène un entretien avec le support d’arbres décisionnels afin d’identifier si les symptômes décrits peuvent être pris en charge par des médicaments ne nécessitant pas de prescription médicale. Si tel n’est pas le cas, ou si le pharmacien juge qu’une discussion avec un médecin est nécessaire, alors s’engage le second temps de la consultation netCare :

- Un médecin « Medgate » (Megdgate étant un centre suisse de télémédecine) est joint via internet depuis la salle de consultation de la pharmacie, pour une téléconsultation qui s’engage en présence ou non du pharmacien. A l’issue de celle-ci, le médecin peut poser un diagnostic et si nécessaire rédiger une ordonnance qui sera directement faxée à la pharmacie.

Coût d’une consultation netCare ? 15 francs suisse pour l’entretien préliminaire avec le pharmacien, 48 francs la téléconsultation avec le médecin, tous deux supportés par certains assureurs suisses impliqués dans l’initiative.

Evidemment, depuis la  France, une telle initiative soulève nombre de questions : objectif de l’entretien pharmaceutique, prise en charge de ce type de prestations, aménagements nécessaires, statut des professionnels de santé joignables à distance, conditions d’une telle collaboration interdisciplinaire, etc. Autant de questionnements évidemment recevables, mais qui ne doivent néanmoins pas masquer le fait que cette initiative -là, très concrète, et une preuve que oui, mille fois oui, entretien pharmaceutique, télémédecine, collaboration médecins-pharmaciens (il faudrait ajouter à cela les autres professionnels de santé) et prise en charge du patient au sein d’un parcours de soins cohérent sont autant d’idées qui fonctionnent réellement.
N’hésitez pas regarder l’intégralité de ce film de présentation de quelques minutes pour mieux comprendre un système, film qui par ailleurs débute avec une simple phrase : « lorsque pharmaciens et médecins collaborent ». Pas si anodine.

Corps étrangers, corps caverneux et corps tout courts

Mi-août, le temps des lectures légères. Je suis récemment tombé par hasard sur deux histoires assez incroyables, qui ont pour points communs d’êtres toutes des anecdotes véridiques, extrêmement sérieuses, médicales, et rapportées par des blogueurs médecins que vous connaissez peut-être, l’un français l’autre hongrois, Grande Blanche et Bertalan Meskò.

La première d’entre elles est un simple cas clinique vaguement improbable, de ceux que l’imaginaire collectif prête aux services des urgences de tous les hôpitaux. Rapporté par la véritable institution qu’est le New England Journal of Medicine, il concerne une patiente de 30 ans ayant tout simplement réussi à avaler un couteau après avoir voulu montrer à ses amis qu’elle n’avait plus de réflexe de déglutition . Loupé. Et la radio présente sur le site du journal est évocatrice de l’oeuvre… Plus surprenant encore, si vous lisez le cas complet, vous verrez que le mari déclara plus tard qu’elle avait déjà connu la même mésaventure 4 ans plus tôt. Suivi psychiatrique dans la foulée.

La seconde anecdote est tirée d’un article en anglais publié en novembre 2005 dans le British Journal of Urology. L’auteur y raconte la conférence au caractère pour le moins inattendu à laquelle il assisté un soir de 1983. Le Professeur G. S. Brindley, psychiatre, y présenta les avancées en matière d’utilisation de produits vaso-actifs dans le traitement de la dysfonction érectile, devant un parterre de 80 personnes, médecins venus avec leurs moitiés. Présentations de cas cliniques, digressions sur les effets de l’injection pénienne de papavérine et autres substances vaso-actives. Jusque-là rien d’extraordinaire. Sauf que Brindley, toujours selon l’auteur , expliqua que, souhaitant être le plus convaincant possible, s’était lui-même injecté une telle substance juste avant le début de la session et souhaitait faire la démonstration à l’audience de l’efficacité de la papavérine.

Pantalon de costume. Caleçon. Plus de caleçon.

Brindley se retrouva donc nu et fier sur l’estrade, poussant la provocation jusqu’à déclarer, sans doute alors habité par la notion d’efficacité, qu’il souhaitait « donner l’opportunité à la salle de juger du degré de tumescence ». L’auteur raconte que ce sont les cris de quelques personnes au premier rang alors que Brindley s’approchait qui le stoppèrent dans son élan, le firent se rhabiller pour terminer ses explications toutes médicales. L’auteur conclut en saluant la contribution remarquable que fut celle de l’excentrique Pr Brindley à la médecine moderne, tout en soulignant le côté dramatique, inattendu, improbable de cette session en particulier. Le texte, croustillant mais seulement en anglais, est à lire ici.

De la même verve, sachez que la période semble propice aux papiers scientifiques pour le moins originaux. Telle cette publication tirée d’un cas présentant des maux de tête induits par une surconsommation de contenus pornographiques chez un homme de 24 ans (maux de tête et activité sexuelle, vaste sujet, dépassant les seules sphères de l’evidence-based medicine, diront certains…), dénichée par @DDupagne. Ou encore cette tribune du Guardian, déclarant la guerre à l’élimination complète des poils pubiens dans un titre évocateur, que l’on pourrait traduire comme tel : « le poil pubien a un rôle à jouer – arrêtez de le raser et laissez le tranquille ». Tout un programme.

Scientifiques, ne cherchez pas trop loin pour vos prochaines lectures de plage. C’est inutile.

Les applications santé sont-elles vraiment utiles au patient ?

Les applications santé disponibles sur smartphones sont nombreuses, mais paradoxalement peu téléchargées. C’est ce que montrent les chiffres américains du Pew Internet and American Life Project, rapportées par le Washington Post.

Les chiffres d’avril 2012 sont formels, et en ligne avec ce qui avait déjà été successivement observé en 2010 et 2011 : si 88% des américains interrogés ont déclaré être en possession d’un smartphone, seuls 10% ont déjà téléchargé des applications dites santé – on a bien dit « téléchargé », ce qui laisse à penser que le taux de véritable utilisateur est encore plus faible. Cette proportion est un peu supérieure si l’on considère la tranche des 18-29 ans, grimpant alors à 15%.

Ces chiffres sont d’autant plus décevant si l’on considère le nombre total de téléchargement au regard du nombre impressionnant d’applications santé disponibles sur les « store », nombre qui a été multiplié par plus de 4 an moins de 2 ans !

La raison à ce manque de réel engouement de la part des utilisateurs de smartphone ? Certains avancent le fait que beaucoup d’applications sont redondantes (combien d’outil de suivi du poids, d’IMC…), parfois futiles, et que peu ne s’intéressent véritablement à ce que le patient cherche vraiment : des outils et services pour l’accompagner au mieux tout au long de la prise en charge de sa pathologie chronique, voire lui servir de lien avec les professionnels de santé qui l’entourent.

Le patient, encore lui.

Et au moment où nous écrivons cette note, nous tombons sur une nouvelle application iPhone destinée au suivi de votre fréquence cardiaque : Cardiio utilise la caméra de l’iPhone pour mesurer les variations de lumière réfléchie par votre visage (à chaque pulsation, il y a afflux sanguin, donc augmentation de l’absorption lumineuse) afin de d’évaluer votre rythme cardiaque.

Source : Pew Internet and American Life Project